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« Et si demain on abolissait l’État qu’est-ce qui se passerait ? », réponse dans Petite histoire de la Révolution française, une BD de Grégory Jarry et Otto T. chez Flblb.

Par Héloïse Morel

Une calèche croise un TGV. C’est la fuite de Varennes et l’arrivée de Louis XX au pouvoir. L’utopie est totale, le gouvernement a échoué : le président fuit à Berlin et démissionne, tandis que les députés de tous bords applaudissent l’arrivée d’un légitimiste, vu comme un homme providentiel. « J’ai pensé un changement radical de système, une révolution qui renonce à la République », affirme Grégory Jarry. Il a imaginé un pouvoir renversé et inversé, où les communes deviennent plus importantes et centrales.

Les cofondateurs des éditions Flblb ont déjà produit, depuis six ans, les cinq volumes de la Petite histoire des colonies françaises. Suite au succès rencontré, les deux auteurs poursuivent avec la Révolution française. L’enjeu pour eux étant de produire un travail de vulgarisation historique, sur des périodes complexes où les connaissances sont parfois lacunaires mais aussi de prendre position. C’est la raison pour laquelle le texte et l’image occupent chacun une place différente. « Le dessin creuse, contredit, interpelle le texte mais chacun parle de la même chose. »

Fantasme d’historien

Grégory Jarry raconte la genèse de cette bande dessinée : « Dans le dessin, j’ai voulu réaliser le fantasme d’un historien en partant du postulat que la Révolution française pouvait revenir, se reproduire autrement dans notre époque. » L’historienne Anne Jollet, spécialiste de la question, a relu le texte. Quant au dessin, il permet de réaliser une utopie : comment la Révolution se déroulerait dans notre société ?

« Globalement je suis un optimiste, s’exclame Grégory Jarry, actuellement, il n’y a que des perspectives du pire, tout est verrouillé alors que non, tout est possible si chacun reprend du pouvoir. »

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Des bonhommes-patates aux personnages…

Concernant le dessin, Otto T. a changé la représentation des personnages : « J’ai choisi de personnifier tandis que dans la Petite histoire des colonies françaises, j’avais fait des bonhommes patates qui étaient plus adaptés face aux violences des événements décrits. » Le dessinateur détourne des éléments de la Révolution française. Ainsi, la guillotine devient électronique : l’esprit est dissocié du corps par un ordinateur, le « guillotiné » peut reprendre possession de son corps et de son esprit « s’il propose de bonnes idées pour améliorer la vie en société ».

D’après Grégory Jarry, « on délègue tout, on perd du sens à nos vies. Finalement on pense que les révoltes et révolutions sont des échecs et amènent la violence. Ce sont ces raisons erronées qui nous retiennent, à mon sens, de faire une révolution. C’est parce que nous en avons peur. »

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Revolution-Flblb_couvPetite histoire de la Révolution française, BD de Grégory Jarry et Otto T. (184 p., 20 €) chez Flblb, maison d’édition sise à Poitiers. Ils ont récemment publié en 2015 chez Flblb : Village toxique (128 p., 15 €), La Conquête de Mars (200 p., 18 €), Petite histoire des colonies françaises, édition intégrale (640 p., 28 €).

Nous avons rencontré les auteurs le 20 janvier 2015 lors de la présentation de leur ouvrage à la librairie La Belle Aventure à Poitiers.

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Publié par Héloïse Morel

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